C'est fou un cerveau. Quand ma grand-mère était vivante, je pensais à elle de temps en temps. Mais des fois, ça m'arrivait de passer quelques jours sans penser à elle du tout. Des semaines à y penser à peine. De toute façon, elle était toujours la. Elle rappellerait toujours pour me remémorer qu'elle était toujours la.
J'avais d'autres préoccupations. Pour accaparer mes pensées. Les amis. L'école... Ma vie. Maintenant qu'elle n'est plus la, je n'arrête pas de penser à elle. Et ca se fait tout seul. Sans que je le veuil. Presque malgré moi. Je me mets des tas de crème pour le visage. Je pense à grand-maman. À cette été ou je la regardais s'en mettre, quand j'étais plus petit, et que je n'avais pas hâte d'être prés elle. Je voie une femme avec plein de bagues. Je pense à grand-maman. Je passe devant son ancien chez elle. Je pense à grand-maman.je met tout dans des petites boites. Je pense à grand-maman. Je mange du fromage. Je pense à grand-maman. Je regarde marcher la voisine avec son manteau de madame. Je pense à grand-maman.
On dirait que mon cerveau s'en veut de ne pas avoir pensé à elle plus souvent avant, alors il n'arrête pas de me faire flasher son souvenir dans ma tête. Toutes ces images que j'avais gardées dans le fond, maintenant elles sont projetées en avant. Et moi je les regarde défilés. Sans m'en lasser. Chaque fois que je pense à grand-maman, je ne veux surtout pas me l'enlever de la tète. Je veux la garder présente. Pour toujours. Même si ca fait mal.
L'être humain est ainsi fait. Ça prend la mort pour qu'il comprenne la vie. On est comme ca collectivement. On s'en foutait un peu. Et puis elle est morte. Et la, on n'a pas arrêté d'y penser. Il n'y en a que pour elle. Et ma mémoire compense pour toutes les fois ou je l'ai oublié quand elle était vivante.
Le pire, c'est que je sais déjà que je penserai beaucoup moins à elle dans quelques temps. Dans quelques jours. Dans quelques mois. Les problèmes du quotidien reprendront. On est comme ca.
